Descendre
Chaque poste commence par la descente vers les galeries. Plusieurs centaines de mètres peuvent séparer le jour du chantier souterrain.

Pendant près de trois siècles, des générations de femmes et d’hommes ont façonné le Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais.Ils ont extrait le charbon, élevé des villes, accueilli des travailleurs venus d’ailleurs et construit une identité qui demeure profondément vivante.
« On peut fermer les fosses. On n’efface pas la mémoire d’un territoire. »

L’histoire charbonnière du Bassin Minier commence au début du XVIIIe siècle, dans le secteur de Valenciennes.Sous cette vaste plaine, la découverte et l’exploitation de la houille vont progressivement transformer un territoire encore largement rural.
Autour des puits apparaissent les fosses, les chevalements, les ateliers, les voies de transport, les terrils et des milliers de logements destinés aux familles ouvrières.
De Valenciennes à Béthune, en passant par Douai, Hénin, Lens, Liévin et Bruay, le charbon fait naître une immense civilisation industrielle.
Mais l’histoire de la mine ne se réduit jamais à une production énergétique.Elle est avant tout celle d’hommes, de femmes, d’enfants et de familles entières.
De la découverte de la houille aux dernières remontées de charbon, le Bassin Minier connaît industrialisation, guerres, reconstructions, nationalisation, modernisation puis fermeture progressive.
L’extraction de charbon s’installe durablement dans le secteur d’Anzin et de Valenciennes, ouvrant une nouvelle période de l’histoire économique du Nord.
L’exploitation gagne vers l’ouest. Les compagnies développent des fosses, des cités ouvrières, des écoles, des équipements sociaux et leurs propres infrastructures.
La catastrophe minière de Courrières marque durablement la mémoire ouvrière et rappelle la dangerosité extrême du travail souterrain.
La Première Guerre mondiale détruit ou endommage de nombreuses installations. Après le conflit, il faut reconstruire et trouver une importante main-d’œuvre.
Après la Seconde Guerre mondiale, le charbon devient stratégique pour la reconstruction du pays. L’exploitation entre dans une nouvelle organisation nationale.
La concurrence d’autres énergies et l’évolution de l’économie entraînent progressivement la fermeture de nombreux puits.
Le 21 décembre 1990, la fermeture du dernier puits du Bassin du Nord-Pas-de-Calais met fin à une histoire industrielle commencée près de trois siècles auparavant.
Le Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais rejoint la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Descendre à la mine, c’était quitter la lumière pour travailler dans un univers de roche, de poussière, de chaleur, de bruit et de dangers permanents.
Chaque poste commence par la descente vers les galeries. Plusieurs centaines de mètres peuvent séparer le jour du chantier souterrain.
La houille est arrachée à la veine, chargée, transportée et remontée vers la surface dans une organisation où chaque métier est indispensable.
Au fond, la sécurité dépend aussi des autres. Cette interdépendance contribue à développer une forte culture de camaraderie et de solidarité.
Le méthane libéré par les couches de charbon peut former avec l’air un mélange explosif. Les coups de grisou font partie des grands dangers de l’histoire minière.
Le travail souterrain expose durablement les mineurs aux poussières et à de lourdes maladies professionnelles.
Après le poste, la mine continue pourtant de structurer la vie : logement, famille, voisinage, associations et loisirs restent liés aux cités minières.
L’histoire minière porte aussi la mémoire des accidents, des explosions, des éboulements et des hommes qui ne remontèrent pas.
Parmi ces événements, la catastrophe de Courrières de 1906 occupe une place particulière dans la mémoire du Bassin Minier.Elle rappelle ce que signifiait, pour des générations entières, vivre avec le risque de la fosse.
Derrière chaque fosse, chaque numéro de puits et chaque terril, il y avait des familles.Le patrimoine minier n’est pas seulement industriel : il est profondément humain.
La mine n’a pas seulement creusé le sous-sol. Elle a redessiné la surface et créé un paysage immédiatement reconnaissable.
Pour loger une main-d’œuvre de plus en plus nombreuse, les compagnies minières développent différents modèles d’habitat ouvrier : corons, cités pavillonnaires et cités-jardins.
Autour de ces maisons en briques rouges se construit une vie collective faite de voisinage, de jardins, d’écoles, de commerces et d’équipements sociaux.
Les terrils sont formés par l’accumulation des matériaux remontés avec le charbon et non utilisés.Au fil des décennies, ils deviennent de véritables montagnes dans une région naturellement plane.
Les chevalements, eux, signalent de loin la présence des anciens puits. Certains sont aujourd’hui des monuments emblématiques du territoire.
Les fosses ont fermé, mais nombre de paysages et bâtiments ont trouvé une nouvelle fonction. Faites glisser le curseur pour comparer passé et présent.
Ancien site d’extraction, Arenberg est aujourd’hui l’un des grands symboles de la sauvegarde et de la reconversion du patrimoine minier.
L’immigration accompagne l’histoire du Bassin Minier pendant toute la période d’exploitation. Des générations venues d’ailleurs se sont installées ici et ont profondément enrichi l’identité régionale.
La proximité de la frontière explique l’importance précoce des travailleurs belges dans les mines du Nord.
Après la Première Guerre mondiale, l’immigration polonaise marque particulièrement les cités minières et laisse un héritage culturel encore très présent.
Des familles italiennes participent également à l’histoire industrielle et sociale du territoire.
Des travailleurs algériens rejoignent à leur tour les bassins industriels français, dont les mines du Nord.
L’immigration marocaine constitue une autre composante importante de l’histoire sociale des dernières décennies d’exploitation.
La mine structurait le travail, mais une culture populaire s’est également développée autour des cités, des associations et de la vie collective.
Le 4 décembre, la fête de Sainte-Barbe, patronne notamment des mineurs, reste profondément liée à la mémoire minière et continue d’être célébrée sur le territoire.
La colombophilie a occupé une place importante dans les loisirs ouvriers et reste associée à la culture populaire du Nord.
Les fêtes de quartier, ducasses et rendez-vous populaires rythmaient la vie des communes minières.
Musique, sport, jardins, cafés, associations et clubs locaux ont largement contribué à la vie collective des cités.
L’univers minier possède son propre vocabulaire, technique ou populaire. Certains de ces mots font encore partie de la mémoire régionale.
Nom donné historiquement aux jeunes employés dans l’univers minier.
Terme régional désignant un morceau ou bloc de charbon.
Gaz pouvant s’accumuler dans les travaux souterrains et devenir explosif lorsqu’il se mélange à l’air.
Nom traditionnellement associé au repas emporté durant le poste.
Le porion est un encadrant du travail minier, notamment au fond.
Terme associé aux protections portées historiquement par les mineurs.
Structure élevée au-dessus du puits supportant notamment les équipements d’extraction.
Ensemble de maisons construites pour loger les familles ouvrières à proximité des sites industriels.
Accumulation des matériaux stériles issus de l’exploitation et du tri du charbon.
L’histoire des mineurs a largement dépassé les frontières du Bassin Minier. Elle a inspiré écrivains, cinéastes, artistes et chanteurs.

Avec Germinal, Émile Zola fait entrer le monde des mineurs dans l’histoire littéraire.Le roman participe durablement à la représentation collective de la mine, de la condition ouvrière et des conflits sociaux.

En 1993, Claude Berri tourne une grande partie de son adaptation sur le site minier de Wallers-Arenberg.La conservation du site lui donne une puissance visuelle qui contribue à remettre le patrimoine minier au premier plan.

Photographie, arts graphiques, chansons, documentaires et récits familiaux continuent aujourd’hui de transmettre l’expérience minière aux nouvelles générations.
À la fin du XXe siècle, l’exploitation charbonnière du Nord-Pas-de-Calais s’achève.Le 21 décembre 1990 marque la fermeture du dernier puits d’extraction des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais.
Pour des communes entières, la fin de la mine est beaucoup plus qu’une mutation économique.Elle signifie la disparition d’un monde du travail qui organisait depuis des générations le logement, la vie sociale et une grande partie de l’identité locale.
Les chevalements s’arrêtent.Les terrils restent.Les cités restent.Les familles restent.Et commence alors un autre combat : celui de la mémoire et de la reconversion.
Avec l’arrêt de l’exploitation, nombre de terrils ont progressivement été colonisés par la végétation et sont devenus des espaces de promenade, d’observation et de découverte du paysage.

Ces reliefs artificiels ont développé des milieux particuliers. La végétation, les espèces animales et les usages humains transforment progressivement ces anciennes terres industrielles.

Les deux grands terrils de Loos-en-Gohelle sont devenus des silhouettes emblématiques du Bassin Minier.Ils permettent aujourd’hui de lire le paysage depuis un point de vue exceptionnel sur l’ancien territoire charbonnier.
Le Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012.
Cette reconnaissance porte sur un paysage culturel constitué non d’un monument unique, mais d’un ensemble : fosses, chevalements, terrils, cités ouvrières, équipements sociaux, infrastructures et paysages associés.
La valeur du Bassin vient précisément de cette continuité : l’industrie, l’urbanisme, la vie ouvrière et le paysage racontent ensemble une période majeure de l’histoire industrielle européenne.
Sauvegarder le patrimoine ne signifie pas le figer. Plusieurs anciens sites industriels sont aujourd’hui des musées, lieux culturels, espaces de création ou sites de promenade.

Parce qu’il constitue un paysage culturel exceptionnel témoignant de l’exploitation charbonnière, de l’urbanisme minier, des cités ouvrières, des terrils, des fosses et de la vie sociale qui s’est développée autour de cette industrie.
Le dernier puits d’extraction des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais ferme le 21 décembre 1990, mettant fin à une histoire commencée en 1720.
Un terril est une accumulation de matériaux rocheux issus de l’extraction et du tri du charbon. Ces reliefs artificiels sont devenus des éléments emblématiques du paysage régional.
Le grisou est essentiellement du méthane présent dans les couches de charbon. Lorsqu’il s’accumule et se mélange à l’air, il peut former un mélange explosif.
Le coron désigne généralement un habitat ouvrier organisé en alignements de maisons mitoyennes. Au fil du temps, les compagnies développent également des cités minières aux formes plus variées, notamment des cités-jardins.
L’exploitation charbonnière est terminée, mais plusieurs sites patrimoniaux permettent de découvrir l’histoire minière. Le Centre Historique Minier de Lewarde est notamment installé sur l’ancienne fosse Delloye.
Le territoire compte de nombreux terrils. Le secteur de Lens et Loos-en-Gohelle offre notamment des paysages miniers particulièrement emblématiques.
Le musée a été construit sur l’ancien carreau des puits 9 et 9 bis des Mines de Lens. Son implantation est devenue l’un des symboles de la reconversion du territoire.

Je suis chauffeur VTC, mais avant cela, je suis un habitant du Bassin Minier.C’est ici que je vis, que je travaille, que je conduis chaque jour et que j’ai appris à regarder autrement les terrils, les briques rouges et les chevalements qui entourent nos villes.
Cette page n’a donc pas été créée uniquement pour présenter des destinations.Elle existe aussi pour transmettre un peu de l’histoire d’une région dont je suis fier.
Pour ceux qui souhaitent découvrir physiquement ces lieux, Xave VTC peut naturellement organiser un trajet vers Lens, Lewarde, Wallers-Arenberg, les terrils ou d’autres sites du Bassin Minier.